Valeurs fondatrices
La Fondation CHM, si elle voyait le jour, devrait reposer sur des valeurs simples, vérifiables et opposables à sa propre gouvernance. Ces valeurs ne seraient pas des slogans décoratifs. Elles serviraient à orienter les décisions, à limiter les pouvoirs de l’institution, à protéger le caractère naturiste du site et à garantir que le CHM demeure un lieu vivant, digne et transmis.
Mission d’intérêt public
La Fondation CHM aurait pour principe premier de servir un intérêt public : préserver, faire vivre et transmettre un patrimoine naturiste exceptionnel. Elle ne serait pas conçue comme un instrument de captation privée, de spéculation immobilière ou de contrôle idéologique, mais comme une structure d’intendance au service d’un lieu, d’une communauté et d’une histoire.
Dignité corporelle, égalité et non-stigmatisation
Le naturisme repose sur une idée simple mais exigeante : le corps humain, dans sa diversité réelle, n’est ni honteux ni marchandisable. La Fondation devrait défendre une culture de la dignité corporelle, de l’égalité et de la non-stigmatisation.
Cette valeur rejoint des traditions féministes, LGBTQIA+, intersexes, éducatives et anti-honte corporelle, sans réduire le naturisme à une identité unique. Elle implique le respect des femmes, des hommes, des personnes non binaires, des personnes trans, des personnes intersexes, des enfants, des personnes âgées, des personnes handicapées, des corps blessés, gros, maigres, jeunes, vieux ou ordinaires.
Le CHM devrait rester un espace où la nudité sociale non sexuelle peut être comprise, protégée et transmise comme une pratique de liberté, de respect mutuel et de confiance.
Naturisme non sexuel, sécurité et consentement
La nudité naturiste n’est pas une invitation, une marchandise ou une mise en scène sexuelle. Elle suppose un cadre clair : respect du consentement, refus du harcèlement, protection des mineurs, sécurité des personnes vulnérables et capacité de chacun à vivre son corps sans pression ni surveillance abusive.
La Fondation devrait protéger cette distinction essentielle entre nudité sociale non sexuelle et sexualisation imposée. Elle devrait aussi reconnaître que cette distinction doit être expliquée, enseignée et défendue, notamment auprès des nouveaux visiteurs, des familles, des institutions publiques et des médias.
Intendance plutôt qu’extraction
Le CHM ne devrait pas être traité comme une simple source de rendement. Un lieu naturiste historique ne se résume pas à ses emplacements, ses bungalows, ses commerces ou sa valeur foncière. Il contient une mémoire, une culture, des pratiques sociales, des paysages, des relations humaines et une promesse de transmission.
La Fondation devrait donc privilégier l’intendance plutôt que l’extraction : entretenir plutôt qu’épuiser, réparer plutôt que masquer, transmettre plutôt que vendre, rendre compte plutôt que gouverner dans l’opacité. Cette valeur d’intendance rejoint directement la réflexion sur les flux économiques, le réinvestissement et la non-extraction développée dans Modèle économique de gouvernance.
Sobriété, écologie et modes de vie conscients
Le naturisme a souvent été associé, dans son histoire, à des formes de vie sobres, proches de la nature et attentives au corps : hygiène de vie, plein air, simplicité matérielle, alimentation végétarienne, végétalienne ou végane, critique de la surconsommation, respect des milieux naturels.
La Fondation ne devrait imposer aucun mode de vie alimentaire ou philosophique. Elle pourrait toutefois reconnaître ces filiations historiques et encourager des pratiques compatibles avec la sobriété écologique, le bien-être corporel, la protection du vivant et la réduction des dépendances économiques ou matérielles inutiles. Pour relier ces valeurs écologiques au territoire concret du CHM, voir aussi Environnement littoral.
Mémoire vivante et transmission
Le CHM n’est pas seulement un site à gérer. C’est un patrimoine vivant. Sa valeur tient aussi aux récits de celles et ceux qui y ont séjourné, travaillé, grandi, aimé, débattu, construit, transmis ou trouvé une forme rare de liberté.
La Fondation devrait recueillir cette mémoire sans la figer. Archives, témoignages, images, cartes, objets, récits de familles, expériences de résidents, souvenirs de travailleurs saisonniers et regards critiques devraient pouvoir contribuer à une histoire plurielle du CHM.
Gouvernance transparente et responsable
Une fondation d’intérêt public ne devrait pas demander la confiance sans offrir de garanties. Ses décisions importantes devraient être documentées, expliquées et contrôlables. Ses conflits d’intérêts devraient être déclarés. Ses ressources devraient être affectées à sa mission. Ses dirigeants devraient être responsables devant des règles claires.
La transparence ne signifie pas que tout soit simple ou unanime. Elle signifie que les raisons des choix importants doivent pouvoir être comprises, discutées, corrigées et, lorsque nécessaire, contestées.
Pluralisme et coopération internationale
Le CHM a une importance locale, française, européenne et mondiale. Mais cette importance ne donnerait à la Fondation aucun droit de parler au nom de tous les naturistes. Sa mission mondiale devrait rester limitée, coopérative et respectueuse des institutions existantes.
La Fondation pourrait soutenir la recherche, les archives, les rencontres, les programmes éducatifs, les échanges internationaux et les coopérations entre acteurs du naturisme. Elle devrait le faire sans prétendre remplacer les fédérations, associations, centres, chercheurs, artistes ou communautés déjà engagés dans ce champ.
Liberté, responsabilité et joie
Le naturisme ne se réduit ni à une règle de nudité ni à une doctrine. Il peut être une expérience de liberté corporelle, de confiance sociale, de simplicité, d’humour, de rencontre et de joie partagée.
La Fondation devrait préserver cette dimension vivante. Un lieu naturiste ne peut pas être gouverné uniquement par des normes, des contrats et des organigrammes. Il doit aussi rester un lieu où l’on respire, où l’on marche nu sous les pins, où l’on apprend à ne pas avoir honte, où l’on transmet aux enfants autre chose que la peur du corps, et où la liberté reste concrète.